CONFERENCE DE PRESSE OFFERTE PAR LE HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX , LUIS CARLOS RESTREPO ET LE MINISTRE DE L'INTERIEUR ET DE LA JUSTICE , SABAS PRETELT DE LA VEGA EN RAISON D'UNE REMISE DE PEINE A 23 GUERRILLEROS DES FARC.
DECLARATION DU MINISTRE DE L' INTERIEUR ET DE LA JUSTICE , SABAS PRETELT DE LA VEGA
"Le Gouvernement colombien a comme une de ses principales préoccupations le retour des personnes enlevées chez elles. C'est un thème quotidien. Nous demandons avec insistance que ces personnes soient rendues à leurs familles et le Gouvernement colombien le réitère une fois de plus.
Aujourd'hui , nous avons signé 23 remises de peines à des personnes appartenant au groupe armé en marge de la loi Farc. Ces personnes ont été graciées pour le délit de rébellion et pourront prochainement entrer dans le processus de réinsertion qu'offre le Gouvernement.
Ces personnes ne vont pas recommencer à commettre des délits. Elles laissent de côté toute possibilité de participer à la lutte armée et nous espérons qu'elles se réincorporent pleinement à la société colombienne.
DECLARATION DU HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX , LUIS CARLOS RESTREPO
"Le Gouvernement a répondu à une demande d'un groupe de parlementaire, quelques-uns desquels sont avec nous, pour franchir ce pas unilatéral comme un geste de paix et de réconciliation.
On a pris la décision, comme le signalait Monsieur le Ministre, d'accorder une remise peine à 23 membres des Farc qui se trouvent en prison pour délit de rébellion.
Nous le faisons en pensant aux personnes enlevées. Nous le faisons en pensant aux familles des personnes enlevées et au fait que les personnes enlevées puissent obtenir leur liberté.
Ce geste de réconciliation cherche aussi à offrir aux personnes qui reçoivent la remise de peine une nouvelle opportunité.
Elles recevront les avantages du programme de Réinsertion et auront l'occasion de reconstruire leurs vies, de rencontrer à nouveau leurs familles et, avec l'appui du Gouvernement, de se rendre à nouveau utiles pour la société.
Nous espérons que ce geste de paix du Gouvernement, que cet acte de paix du Gouvernement nous aide à avoir très bientôt avec nous les personnes qui souffrent injustement d'être enlevées".
QUESTION: On a toujours parlé d'un accord humanitaire. Quand on parled'accord, on parle de deux parties : on parle des Farc, on parle du Gouvernement National. De toute façon, les Farc dans différentes prises de positions, ont fait savoir qu'ils n'étaient pas d'accord pour un geste unilatéral. Qu'ils voulaient que la libération de guérilleros soit le résultat d'un accord. Jusqu'à quel point cette libération unilatérale ne se convertit pas en un salut au drapeau, alors que les Farc ne vont pas répondre à ce geste par un autre acte de paix, quand ils ont dit que toute libération doit se faire uniquement et exclusivement à travers un accord humanitaire ? Et autre question : Jusqu'à quel point ces personnes que vous avez graciées, vont cesser d'être des guérilleros, réellement elles ont un poids et ont de l' influence pour que les Farc considèrent qu'on libère des guérilleros des Farc et considèrent qu'on peut faire avancer l'accord humanitaire ?
REPONSE DU MINISTRE DE L'INTERIEUR : "Les personnes graciées ont été condamnées pour rébellion et comme membres ds Farc. Je répète, c'est un acte humanitaire, unilatéral, qui cherche que les personnes qui ont été enlevées par les Farc reviennent au sein de leurs familles et à la famille colombienne
Les personnes qui vont être libérées des prisons se sont compromises à ne pas participer à la lutte armée et à collaborer à la construction du pays d'une manière pacifique.
C'est un geste réellement humanitaire et le minimum qu'espère la société colombienne est un acte de coresponsabilité de la part des Farc.
Nous pensons aux personnes qui sont enlevés en long et en large dans le pays.".
QUESTION: Sur quoi repose la version que Simon Trinidad serait l'un des négociateurs ou le négociateur des Farc pour arriver à un accord humanitaire et que cela retarderait son extradition ?
REPONSE DU HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX : "Nous, en ce moment, nous centrons sur les informations que nous donnons. C'est un geste unilatéral du Gouvernement. Il n'y a rien de plus en dehors d'un geste de bonne volonté, qui bénéficie des membres des Farc qui se trouvent en prison et nous espérons, évidemment aussi, que cela permette que les personnes enlevées rentrent chez elles. C'est exactement cela que nous tenons à présenter au pays. Il n'y a rien de plus en dehors de cela.
QUESTION : Les 23 guérilleros se trouvent en ce moment en prison? Ils sortiraient pour rester dans notre pays ou dans un pays tiers, ou ils sont dans une garnison en ce moment ?
REPONSE DU HAUT COMMISAIRE POUR LA PAIX : "Les personnes qui reçoivent la remise de peine sont en ce moment privées de liberté. Aujourd'hui, avec la présence du groupe parlementaire qui nous accompagne dans cette décision, le Président et le Ministre ont signé les remises de peine.
Une fois signées les remises de peine et les personnes averties, elles pourront immédiatement obtenir leur liberté. En principe, elles vont rester dans le pays. Elles pourront rencontrer à nouveau leur famille. C'est leur décision.
Humainement, c'est un pas très important. J'ai eu l'occasion de parler avec ces personnes qui vont recevoir ce bénéfice et on constate le désir de tous de pouvoir reconstruire leurs vies, de pouvoir retrouver leurs familles.
En plein sens du terme, c'est un acte humanitaire de réconciliation et c'est très important d'estimer la dimension humaine qu'il a, la possibilité que ces personnes qui étaient en prison refassent leur vie avec dignité".
QUESTION : Qu'est-ce qui se passe si ce geste unilatéral humanitaire du Gouvernement n'est pas bien reçu par les FARC ? Quelle va être l'attitude du Gouvernement face à ce groupe rebelle ?
REPONSE DU HAUT COMMAISSAIRE POUR LA PAIX : "Le geste humanitaire trouve sa raison d'être par lui-même. Que 23 Colombiens qui sont en ce moment en prison reçoivent un pardon judiciaire, reçoivent une remise de peine pour le délit de rébellion et qu'ils soient enthousiasmés de retrouver leurs familles, je crois que cela en soi présente de la valeur.
Des gestes comme ceux-là sont importants. Ils montrent que le Gouvernement veut la réconciliation. Et évidemment, nous espérons que ce geste sera connu par tout le pays et par la communauté internationale avec l'intérêt qu'il présente et permette l'espérance que nous attendons tous.
QUESTION : Comment va s'effectuer la remise en liberté de ces personnes, où et quand va-t-elle se réaliser et comment s'est effectué le processus de sélection, sachant qu'il y a plus de personnes qui obtiennent cette remise de peine pour délits atroces ?
REPONSE DU HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX : "Avant tout, les personnes qui ont reçu ce bénéfice ont été condamnées pour délit de rébellion ou annexes. Non pour des délits atroces. Les délits atroces ne peuvent recevoir des remises de peines.
Deuxièmement, nous avons eu un contact personnel avec elles et elles ont manifesté leur intérêt de se réincorporer pleinement à la vie civile. Elles se sont compromis à ne pas commettre à nouveau des délits et ont un grand désir de retrouver leur famille.
A partir d'aujourd'hui, avec la décision dans la main, nous les informerons et évidemment cela dépend d'elles, parce que c'est leur vie et leur décision, si elles veulent avoir un contact quelconque avec les médias. Nous respectons leur décision et au cas où elles le voudraient, nous vous en ferons part de manière immédiate et opportune".
QUESTION: Qui sont exactement ces personnes ? Quelle est l'identité des guérilleros ? La liste concrète des guérilleros qui ont eu une remise de peine ? Où sont-ils exactement ? Et la guérilla des Farc considère de quelque manière que cette proposition d'échange a été comme la proposition pendant toute cette période, dans le sens que les guérilleros qui sortent des prisons sont des personnes importantes ou très représentatives des Farc, Simon Trinidad, utopiquement le Negro Acacio. Que dit le Gouvernement de cette proposition qu'ont fait les Farc pendant toute cette période ?
REPONSE DU HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX : "En ce moment, des personnes se trouvent dans un site de réclusion spécial. On les informera. Au moment où elles seront informées, elles obtiendront leur liberté et pourront compter avec tout l'appui du Gouvernement National pour se reclasser et reconstruire leur vie.
J'insiste à nouveau sur la dimension humaine du pas que nous faisons. Ce sont 23 êtres humains. Ce sont 23 vies. Ce sont 23 personnes qui ont appartenu aux FARC. Ce sont 23 personnes qui vont reconstruire leurs liens familiaux. Je ne crois pas qu'il soit juste de dire qu'il y a des êtres humains qui valent plus que d'autres. Non. Il y a ici 23 Colombiens qui reçoivent ce bénéfice et ce pardon judiciaire de la part du Gouvernement et à travers eux passe la réconciliation, à travers eux passe aussi la paix.
C'est pour cela que nous sommes très contents de ce pas qui se fait. Et ces personnes le sont aussi. Evidemment, en demandant la remise de peine, elles ont reconnu pleinement leur appartenance au groupe armé illégal. Et les résolutions déjà signées par le Président de la République et le Ministre de l'Intérieur établissent clairement leur identité.
Néanmoins, en principe, nous n'allons pas faire de publicité avec ces noms. Nous voulons aussi que ces personnes initient une nouvelle vie, avec la réserve nécessaire et la protection nécessaire. Mais vous savez bien que comme c'est un acte administratif, il est également public et que celui qui veut faire des recherches aura accès à ces documents.
Nous voulons qu'avec le plus grand soin, avec la majeure réserve, ces personnes franchissent le pas et qu'évidemment elles soient aussi tranquilles, qu'elles soient sûres que le pas qu'elles vont franchir est le plus adéquat".
QUESTION : Au cas les FARC insistent pour un dégagement, qu'est-ce qui va se passer ? Si pour eux, ce geste n'est pas suffisant, le Gouvernement est-il disposé à franchir un autre pas ou le thème du dégagement temporaire n'est -il à aucun point négociable avec ce groupe guérillero ?
REPONSE DU HAUT COMMISSAIRE POUR LA PAIX : "Bon, le Gouvernement a fait des propositions publiques connues par l'opinion. En août, nous avons dit que nous étions disposés à franchir un pas et à libérer unilatéralement un groupe de guérilleros. Depuis, nous avons insisté que nous complétions ce pas avec la possibilité d'une rencontre dans une ambassade à Bogota, par exemple, la Nonciature Apostolique , dans des conditions de sécurité complète pour les membres de la guérilla.
Aujourd'hui aussi nous faisons un pas clair et significatif en libérant ces personnes. Ce sont des pas et des positions du Gouvernement qui, je crois, montrent clairement notre volonté d'apporter une solution à ce difficile problème des personnes enlevées. Mais indépendamment de tout, ils montrent la volonté du Gouvernement d'une réconciliation et d'offrir aussi à ces personnes qui sont en prison une seconde chance.
Tous ces gestes et ces propositions du Gouvernement, nous croyons que d'une façon ou d'une autre, ils recherchent le chemin de la réconciliation, et ce qui est important c'est de persévérer dans ce sens".
QUESTION : Ces 23 personnes graciées sont en cours de procès ou ont déjà été condamnées ? Ces jours derniers, y a-t-il un rapprochement entre le groupe armé illégal Farc et avec le Gouvernement suisse ?
REPONSE DU HAUT GOUVERNEMENT POUR LA PAIX : "Les 23 libérés sont condamnés et purgent en ce moment leur condamnation dans différentes prisons du pays et c'est pour cette raison qu'on leur accorde la remise de peine.
Cette remise de peine peut être accordée seulement quand il y a une sentence exécutoire. Pour le reste, nous continuons à faire des efforts, à travers les différents mécanismes de facilitation qui ont été établis. Et le Gouvernement a été très clair en insistant sur les conditions pour avancer vers un accord humanitaire et évidemment aussi, si l'on veut aller plus loin, sur les conditions pour avancer vers un processus de paix.
Ces propositions que le Gouvernement a faites depuis le commencement de l'administration sont toujours en vigueur".
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